La situation épidémiologique demeure préoccupante dans la province du Kwilu, où le choléra continue de circuler depuis le début du mois de juin. En parallèle, les autorités sanitaires renforcent leur préparation afin de faire face à une éventuelle importation de la maladie à virus Ebola, a indiqué le chef de division provinciale de la Santé, Dr Jean-Paul Matela.
À ce jour, aucun cas de maladie à virus Ebola n’a été enregistré dans le Kwilu, selon les autorités sanitaires provinciales. La province se prépare néanmoins à une éventuelle apparition de la maladie à travers la formation et la préparation du personnel de santé, ainsi que le renforcement des capacités de surveillance et de riposte.
226 cas de choléra, dont 36 décès
La principale préoccupation sanitaire reste toutefois le choléra. Selon le Dr Jean-Paul Matela, l’épidémie sévit dans la province depuis la 22ᵉ semaine épidémiologique, correspondant au début du mois de juin.
Entre les 22ᵉ et 31ᵉ semaines épidémiologiques, 226 cas de choléra, dont 36 décès, ont été rapportés dans la province.
Initialement concentrée dans les zones de santé de Bandundu et Kikongo, la maladie s’est progressivement étendue à d’autres aires de santé, notamment Mokala et Pamu. Les autorités sanitaires observent une dynamique de propagation qui semble suivre certains cours d’eau, en particulier la rivière Kwango, avant de rejoindre le bassin de la rivière Kasaï.
Cette évolution constitue un point de vigilance pour les services sanitaires, dans un contexte où les mouvements de populations et l’utilisation des ressources en eau peuvent favoriser la transmission du choléra.
Mokala et Pamu sous surveillance
La situation n’évolue cependant pas de manière uniforme dans l’ensemble de la province. Les zones de santé de Bandundu et de Kikongo enregistrent actuellement une diminution du nombre de cas notifiés, tandis que Mokala et Pamu demeurent particulièrement préoccupantes.
Au cours de la 31ᵉ semaine épidémiologique, la zone de santé de Mokala a notamment enregistré 20 nouveaux cas, dont quatre décès, selon les données communiquées par la Division provinciale de la Santé.
Face à cette situation, les équipes sanitaires provinciales poursuivent les activités de riposte avec l’appui du niveau central, notamment du Centre des opérations d’urgence de santé publique (CUSP).
Les interventions portent principalement sur la sensibilisation des communautés, la prévention, la surveillance épidémiologique et la prise en charge rapide des personnes malades.
La population appelée à la vigilance
Les autorités sanitaires invitent la population à ne pas relâcher les mesures de prévention et à signaler rapidement tout cas suspect.
Les personnes présentant notamment une diarrhée persistante, des vomissements ou de la fièvre sont appelées à se rendre sans délai dans un centre de santé ou à l’hôpital le plus proche afin de bénéficier d’une prise en charge appropriée.
« Plus vous venez à temps, plus il est facile de vous prendre en charge rapidement », a insisté le Dr Jean-Paul Matela.
Alors que le choléra continue de faire des victimes dans plusieurs zones de santé, les autorités provinciales veulent ainsi maintenir une surveillance renforcée et anticiper tout risque sanitaire supplémentaire, notamment celui lié à une éventuelle introduction de la maladie à virus Ebola dans la province.
MAKWALA MULEFU Déogratias|Bandundu
