La question de l'achèvement du futur siège de l'Assemblée provinciale du Kasaï s'impose progressivement comme l'un des principaux enjeux institutionnels de la législature en cours. Au-delà des tensions politiques qui entourent le bureau de l'organe délibérant, le débat renvoie à une interrogation plus profonde : les élus doivent-ils privilégier un investissement durable au profit de l'institution ou céder à des considérations immédiates ? C'est la réflexion développée par Franck Mubeneshay dans une tribune consacrée à l'avenir de l'Assemblée provinciale.
Selon l'auteur, une institution se consolide moins par les rapports de force politiques que par des décisions capables de servir durablement l'intérêt général. Il estime que cette responsabilité incombe aujourd'hui aux députés provinciaux du Kasaï.
La tribune rappelle que, depuis le début de la législature, les séances plénières de l'Assemblée provinciale continuent de se tenir dans une salle appartenant à une église, faute d'un siège propre à l'institution. Une situation qui, selon l'auteur, ne reflète ni le prestige ni le rôle constitutionnel du pouvoir législatif provincial.
Face à cette réalité, le bureau de l'Assemblée provinciale, conduit par son président Alain Tshisungu Ntumba, a engagé des démarches pour relancer les travaux de construction du futur bâtiment administratif. Cette initiative s'est notamment traduite par la conclusion d'un crédit auprès d'Equity BCDC destiné à financer l'achèvement de l'ouvrage.
Pour Franck Mubeneshay, cette décision représente certes un engagement financier important, mais surtout un investissement en faveur des générations futures. Il considère qu'un bâtiment institutionnel constitue un patrimoine public appelé à servir l'ensemble des législatures, indépendamment des responsables qui se succéderont à la tête de l'Assemblée.
La tribune relève toutefois que cette orientation intervient dans un contexte marqué par de fortes tensions politiques autour de la présidence de l'Assemblée provinciale. L'auteur estime que les débats dépassent désormais la seule question de la gouvernance interne et soulèvent des interrogations sur les véritables motivations de certaines initiatives politiques.
Selon lui, le véritable enjeu résiderait dans le choix de l'affectation des ressources mobilisées : doivent-elles être consacrées à l'achèvement d'une infrastructure institutionnelle ou répondre à d'autres attentes plus immédiates ? Pour l'auteur, cette interrogation touche directement à la conception de la gestion publique et de la responsabilité des élus envers les citoyens.
Franck Mubeneshay invite ainsi les députés provinciaux à réfléchir à l'héritage qu'ils souhaitent laisser. Les avantages ponctuels, écrit-il, disparaissent avec le temps, tandis que les infrastructures publiques demeurent comme le témoignage concret des décisions prises au service de la collectivité.
Dans cette perspective, il plaide pour un soutien collectif au projet de construction du siège de l'Assemblée provinciale, qu'il présente comme un patrimoine commun plutôt qu'un projet personnel. À ses yeux, renforcer l'institution constitue un investissement au bénéfice de toute la province.
En conclusion, l'auteur estime que les responsables politiques seront jugés moins sur leurs rivalités internes que sur leur capacité à bâtir des institutions solides. Selon lui, les députés provinciaux du Kasaï se trouvent aujourd'hui face à un choix qui pourrait marquer durablement l'histoire politique de la province : privilégier un héritage institutionnel ou céder aux intérêts immédiats.
Franck Mubeneshay
