Le climat politique se crispe au sein de l’Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés (AFDC-A). Dans une sortie médiatique au ton ferme, le député national Patrick Munyomo a ouvertement mis en cause le sénateur Modeste Bahati Lukwebo, l’accusant d’« hypocrisie » et de « manque de sincérité » vis-à-vis du président de la République, Félix Tshisekedi.
Un appel au respect des procédures internes
Au cœur de la controverse figure la question de la légitimité et du respect des textes au sein du regroupement politique. Patrick Munyomo insiste sur la nécessité de s’en tenir aux règles établies, notamment en matière de prises de décisions et de sanctions internes.
« C’est le moment où tout le monde doit respecter ce qu’on appelle la procédure dans tout ce que nous faisons », a-t-il déclaré, évoquant notamment les débats autour d’une éventuelle radiation.
L’élu de Goma affirme par ailleurs que certaines résolutions attribuées à un congrès convoqué par Bahati Lukwebo ne rencontreraient pas l’adhésion des autorités compétentes, évoquant une opposition du vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur.
Le différend autour d’une conférence de presse
La fracture entre les deux figures de l’AFDC-A s’est accentuée à la suite d’une conférence de presse initiée par Modeste Bahati Lukwebo. Selon Patrick Munyomo, cette rencontre, initialement présentée comme un bilan politique, aurait dérivé vers des sujets jugés sensibles, notamment la Constitution, le mandat présidentiel et des critiques à l’égard de l’Union sacrée.
Une orientation que le député dit ne pas cautionner, estimant qu’elle s’écarte de la ligne politique soutenue par une partie des membres du regroupement.
Une loyauté revendiquée envers le chef de l’État
Se positionnant clairement dans le camp présidentiel, Patrick Munyomo réaffirme son soutien au chef de l’État. Ancien superviseur de la campagne présidentielle à Goma en 2023, il revendique une fidélité constante à la vision politique de Félix Tshisekedi.
« Je vais rester loyal et fidèle auprès du Chef de l’État », a-t-il insisté, se désolidarisant des propos tenus par Bahati Lukwebo, qu’il considère comme strictement personnels.
Dans cette logique, il appelle à une clarification des positions politiques au sein de la plateforme : « Soit vous êtes avec le Président, soit vous ne l’êtes pas », résume-t-il.
Un contexte national sensible
Cette passe d’armes intervient dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants, notamment dans l’Est du pays. Le député plaide ainsi pour un resserrement des rangs autour des institutions, estimant que l’heure est à l’unité nationale plutôt qu’aux divisions internes.
Il invite, à cet effet, ceux qui ne partagent pas la ligne majoritaire à assumer un positionnement clair, y compris en rejoignant l’opposition.
Une crise révélatrice de tensions internes
Au-delà des déclarations, cette séquence met en lumière des divergences profondes au sein de l’AFDC-A, tant sur le plan du leadership que de l’orientation politique. Elle pose également la question de la cohésion des regroupements politiques au sein de l’Union sacrée de la Nation.
En perspective, l’évolution de cette crise interne sera déterminante pour l’équilibre politique de la plateforme et, plus largement, pour la stabilité des alliances au sommet de l’État. Les prochains développements permettront d’apprécier la capacité des acteurs à privilégier le dialogue ou à accentuer la rupture.
La Rédaction