La Coalition Article 64 (C64), regroupement de plusieurs figures majeures de l’opposition congolaise, a annoncé le report du dépôt de sa plainte visant le président de la République, Félix Tshisekedi. Dans un communiqué publié le 8 juin, la plateforme justifie cette décision par la nécessité d’intégrer de nouveaux éléments juridiques et factuels qu’elle estime susceptibles de renforcer son dossier.
Initialement annoncée comme une étape majeure de son offensive politique et judiciaire contre le chef de l’État, cette plainte repose sur des accusations de « haute trahison » et de tentative de « coup d’État contre la Constitution ». Sans révéler la nature des nouvelles informations recueillies, la coalition affirme que des pièces complémentaires ont été obtenues ces derniers jours et nécessitent une consolidation du dossier avant son dépôt auprès des instances compétentes. « Ces nouveaux éléments renforceront davantage la solidité juridique de notre démarche », souligne le communiqué, qui ne précise toutefois aucune nouvelle échéance.
Malgré ce report, la C64 assure maintenir sa ligne de conduite et sa détermination à poursuivre ce qu’elle présente comme un combat pour la préservation de l’ordre constitutionnel. La déclaration est signée par cinq leaders de l’opposition : Martin Fayulu, président de l’ECiDé, Jean-Marc Kabund de l’Alliance pour le Changement (A.Ch), Moïse Katumbi d’Ensemble pour la République, Augustin Matata Ponyo du Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD) et Delly Sesanga d’Envol. Constituée autour de l’article 64 de la Constitution congolaise, qui reconnaît au peuple le droit de s’opposer à toute prise ou exercice du pouvoir contraire aux dispositions constitutionnelles, la coalition multiplie depuis plusieurs semaines les initiatives de contestation contre le pouvoir en place.
Cette annonce intervient quelques jours après l’opération « ville morte » organisée le 3 juin sur l’ensemble du territoire national à l’appel de l’opposition. Si les organisateurs avaient revendiqué une large adhésion populaire à cette mobilisation, son impact a fait l’objet d’appréciations contrastées au sein de la classe politique et de l’opinion publique. Le report de la plainte témoigne ainsi d’une volonté de la coalition de consolider son argumentaire avant d’engager une procédure qu’elle présente comme une action majeure dans son combat politique contre le régime de Félix Tshisekedi.
Par Robert Mulumba|Kinshasa
