Une nouvelle fracture s’affirme au sein de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A), formation politique membre de la majorité présidentielle.
Dans une déclaration rendue publique mercredi dans la capitale congolaise, la Coordination des groupes parlementaire et politique dite « fidèles et loyaux aux Institutions du pays » a rejeté avec fermeté la radiation du député national Patrick Munyomo et remis en cause l’autorité du sénateur Modeste Bahati Lukwebo à engager le parti.
Une décision ministérielle au cœur du litige
À l’origine de cette escalade, une correspondance officielle du Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, datée du 13 avril 2026, portant suspension de « toute suite liée à la validation des résolutions du 4ᵉ Congrès ordinaire de l’AFDC ». Cette mesure conservatoire, motivée par l’existence d’un contentieux interne, gèle de facto les décisions issues de ces assises.
S’appuyant sur cette décision, la Coordination estime qu’il existe une « suspension implicite des actes contestés en période de litige », ce qui, selon elle, invalide toute mesure disciplinaire prise dans ce cadre.
Une contestation frontale de l’autorité de Bahati
Dans une adresse dirigée notamment à Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, autorité morale de l’Union Sacrée de la Nation, les signataires de la déclaration rejettent catégoriquement la légitimité de Modeste Bahati Lukwebo.
« Le Sénateur Modeste Bahati Lukwebo ne dispose, à ce jour, d’aucune qualité juridique ni légitimité pour engager l’AFDC, encore moins pour prendre des décisions disciplinaires ou de radiation », affirme le document.
Dans cette logique, la radiation de Patrick Munyomo est jugée « nulle, irrégulière et juridiquement inopposable », la Coordination évoquant une « violation flagrante des règles de compétence ».
Une loyauté affichée à l’Union sacrée
Au-delà de la contestation juridique, la déclaration s’inscrit dans un positionnement politique clair. La Coordination réaffirme son allégeance au Chef de l’État et à la ligne de l’Union sacrée, présentant Patrick Munyomo comme un membre à part entière de cette aile dite « fidèle, sincère et loyale aux Institutions ».
Les signataires insistent également sur leur attachement au respect des mécanismes institutionnels, appelant à laisser au ministère de l’Intérieur le soin de trancher définitivement ce différend.
Une fracture interne désormais assumée
Cette prise de position publique consacre une division ouverte au sein de l’AFDC-A. D’un côté, le camp conduit par Modeste Bahati Lukwebo, président statutaire du parti ; de l’autre, une frange de parlementaires revendiquant une proximité politique affirmée avec le Chef de l’État.
En suspendant les effets du 4ᵉ Congrès, le ministère de l’Intérieur place temporairement le parti dans une zone d’incertitude juridique, accentuant les tensions internes.
À quelques mois d’échéances politiques majeures, l’issue de ce bras de fer apparaît déterminante pour la cohésion de l’AFDC-A, pilier de la majorité au pouvoir. En attendant un arbitrage officiel, les deux camps maintiennent leurs positions, laissant planer le risque d’une crise durable au sein de la formation politique.
La Rédaction