L’émotion reste vive dans le quartier Kamulumba, à Kananga, après la découverte, ce vendredi 10 avril 2026, d’un nouveau-né abandonné dans une zone d’érosion. Contre toute attente, l’enfant a été retrouvé vivant, grâce à l’intervention rapide d’une passante.
Selon les informations recueillies sur place, c’est aux premières heures de la matinée que le nourrisson a été aperçu au fond d’un ravin, exposé à des conditions particulièrement précaires. Alertée par la scène, une habitante du quartier a immédiatement porté secours à l’enfant avant de l’acheminer vers le centre de santé Ma Proximité, situé à proximité de l’EP Nsanga Bantu 1, pour une prise en charge en urgence.
D’après le personnel soignant, le bébé a été admis en soins intensifs. Bien que fragilisé par son exposition prolongée aux intempéries et au froid, son état est jugé stable à ce stade, grâce à la réactivité de la chaîne de secours improvisée.
Au-delà de l’émotion suscitée, ce drame relance le débat sur les abandons d’enfants dans la ville. Plusieurs témoins évoquent une recrudescence de grossesses non désirées, souvent dissimulées sous la pression sociale. Certains pointent notamment des pratiques consistant, pour de jeunes filles, à cacher leur état jusqu’à terme, avant de procéder à des abandons anonymes afin d’éviter la stigmatisation.
Ce cas porte à deux le nombre d’abandons de nouveau-nés enregistrés à Kananga depuis le début de l’année 2026, selon des sources locales. Une situation qui inquiète et ravive les appels à renforcer les campagnes de sensibilisation à la santé sexuelle et reproductive, ainsi que les mécanismes d’accompagnement psychosocial des jeunes.
Les autorités locales, de leur côté, n’ont pas encore communiqué officiellement sur les circonstances précises de cet abandon. Une enquête pourrait être ouverte afin d’identifier les responsables et prévenir de nouveaux drames.
Par Mabanza Wakwansampi Joseph