La décision de l’Assemblée provinciale du Kasaï de déchoir le ministre provincial des Mines et Hydrocarbures, Jeannot Kazadi Kabumba, continue de susciter des réactions dans l’opinion publique. Parmi les voix critiques, celle du journaliste et analyste politique Jean-Luc Bakampenda, qui estime que cette procédure soulève des questions d’ordre juridique et institutionnel.

Réunie en plénière le mercredi 10 juin 2026, l’Assemblée provinciale du Kasaï a adopté une motion de défiance visant Jeannot Kazadi Kabumba. Le vote s’est soldé par 14 voix favorables contre 13, entraînant la chute du membre du gouvernement provincial dirigé par l’exécutif provincial.

Toutefois, cette décision fait l’objet d’une controverse autour de l’interprétation des règles de procédure. Des observateurs rappellent notamment les dispositions de l’article 204 du règlement intérieur de l’Assemblée provinciale, qui prévoit que la déchéance d’un membre du gouvernement provincial doit être prononcée par la majorité des membres composant l’organe délibérant.

Selon cette lecture, certains estiment que dans une Assemblée provinciale comptant 33 députés, le seuil requis pourrait correspondre à 17 voix, ce qui remettrait en question la validité du vote intervenu lors de la plénière du 10 juin.

Réagissant à cette actualité, Jean-Luc Bakampenda appelle à une analyse approfondie du dossier sur le plan juridique. Pour lui, au-delà du débat politique, la question essentielle demeure celle du respect des textes qui encadrent le fonctionnement des institutions provinciales.

« Jeannot Kazadi est l’un des meilleurs ministres du gouvernement Mukendi. Sous sa gestion, il y a eu notamment le rétablissement de l’eau potable à Kele et la réduction des frais de location des compteurs à l’EDC », a déclaré l’analyste politique.

Tout en reconnaissant le rôle de contrôle dévolu à l’Assemblée provinciale, Jean-Luc Bakampenda estime que les autorités compétentes doivent examiner les implications juridiques de cette décision afin de préserver la sécurité juridique et le respect des normes institutionnelles.

La déchéance de Jeannot Kazadi Kabumba ouvre ainsi un nouveau chapitre de débats au Kasaï, entre les partisans du contrôle parlementaire de l’action gouvernementale et ceux qui réclament une lecture stricte des dispositions réglementaires applicables.

Par Felly Ephraïm Lukodi