La session ordinaire de mars de l’Assemblée provinciale du Kasaï-Central s’est ouverte lundi à Kananga avec un accent particulier sur la nécessité de restaurer la paix au sein des entités coutumières, considérée comme un préalable au développement de la province.
Dans son discours d’ouverture, le président de l’organe délibérant, Guy Sabangu Kashala, a appelé les députés provinciaux à s’attaquer prioritairement aux conflits de succession et de légitimité au sein des chefferies, qu’il a décrits comme un frein majeur à la cohésion sociale et à l’activité économique locale.
« Sans stabilité à la base, aucun développement durable n’est envisageable », a-t-il déclaré, invitant les élus à faire preuve de « créativité » dans l’élaboration d’édits susceptibles d’encadrer et de stabiliser le pouvoir coutumier.
Selon lui, les querelles de leadership traditionnel, souvent enracinées dans des rivalités familiales, continuent de fragiliser le tissu social, perturbant notamment les activités agricoles et commerciales dans plusieurs territoires de la province.
Au-delà de la problématique coutumière, le président de l’Assemblée a insisté sur la nécessité de renforcer le lien entre les élus et leurs bases. Il a rappelé l’importance des rapports de vacances parlementaires, qu’il considère comme « les seuls outils fiables » pour capter les attentes réelles des populations.
« On ne peut résoudre un conflit foncier ou de succession à distance, sans une écoute attentive des communautés concernées », a-t-il souligné, appelant à leur transmission dans les délais requis afin d’éclairer l’action législative.
Dans la même dynamique, Guy Sabangu Kashala a exhorté l’exécutif provincial à promouvoir une gouvernance exemplaire, fondée sur la transparence et la redevabilité, estimant que la paix sociale est indissociable d’une gestion publique rigoureuse.
Pour de nombreux habitants des zones rurales, régulièrement confrontés à des tracasseries administratives et financières, cette session parlementaire suscite des attentes élevées. Elle pourrait, selon plusieurs observateurs, marquer un tournant dans la restauration de l’autorité de l’État au service des citoyens.
La session de mars devra ainsi traduire ces ambitions en mesures concrètes, dans une province où la stabilité coutumière demeure l’un des principaux défis à relever pour ouvrir la voie au développement.
Joseph Mabanza/Kananga