Portes closes, couloirs vides et malades livrés à eux-mêmes. À Kamonia, dans le territoire de Tshikapa (Kasaï), la grève des infirmiers, entamée ce lundi 26 octobre 2026, a quasiment paralysé la prise en charge des patients. Dans cette zone qui compte plus de 200.000 habitants, les cas urgents sont les premiers exposés.
Un hôpital de référence au point mort
Une ronde effectuée dans plusieurs structures sanitaires de la zone confirme l'ampleur de la paralysie. L'Hôpital Général de Référence (HGR) de Kamonia, principal établissement de soins de la localité, a fonctionné au ralenti, avec un arrêt quasi total de ses activités. Aucun personnel soignant n'était visible à l'entrée de l'établissement, où de nombreux patients se sont présentés en vain.
« Nous risquons de mourir en désordre »
Sur place, la désolation se lisait sur les visages des familles venues chercher des soins. Anastasie Ntumba, mère d'un enfant souffrant de malnutrition, témoigne de son désarroi :
« Nous sommes venus aujourd'hui à l'Hôpital Général de Référence de Kamonia pour faire soigner nos enfants. Nous avons trouvé toutes les portes fermées, aucun professionnel de santé présent ce lundi. Nous risquons de mourir en désordre suite à cette grève. » a déclaré un patient trouvé sur place
Elle interpelle directement les pouvoirs publics :
« Nous demandons aux autorités compétentes de prendre en considération la revendication de nos professionnels de santé pour éviter cette perturbation. »
Selon elle, cette situation met en danger les cas urgents, notamment les enfants malnutris, les femmes enceintes et les personnes nécessitant des soins continus.
Ce que réclament les grévistes
Le mouvement est assumé et revendiqué par le syndicat des professionnels de santé. Les grévistes exigent notamment :
le paiement des arriérés de salaires et de primes couvrant la période 2025-2026 ;
1-la régularisation de la prime de risque ;
2-la prise en compte des agents de santé non rémunérés.
3-Une situation sanitaire sous haute tension
En attendant une issue à ce bras de fer, la population de Kamonia reste sans accès aux soins, avec le risque d'une aggravation de la situation sanitaire dans une zone déjà fragilisée. Les habitants, eux, espèrent une réaction rapide des autorités afin que les portes de l'hôpital rouvrent avant que la situation ne devienne irréversible.
Dieudonné Beya à Tshikapa
