La section locale de la Lutte pour le changement (LUCHA) maintient son opposition à la journée sans travail décrétée ce lundi à Beni, dans le cadre de la sensibilisation contre la maladie à virus Ebola.
Des militants du mouvement, contactés par notre rédaction, ont réitéré leur appel au boycott de la mesure et exhorté la population à poursuivre ses activités économiques, dans le respect des consignes sanitaires.
Pour des raisons de sécurité, la rédaction a choisi de ne pas révéler l'identité de ses interlocuteurs.
« Une contradiction dans l'attitude des autorités »
Au cours des échanges, un militant a dénoncé ce qu'il considère comme une incohérence dans la manière dont les autorités répondent aux attentes de la population. Il a évoqué les civils tués à l'arme blanche et les cas de mutilations enregistrés dans la région, et s'est interrogé sur la réaction des services de sécurité face à ces violences :
« Quand des personnes sont tuées, les autorités restent silencieuses », a-t-il déploré.
Les militants rappellent par ailleurs que des journées ville morte avaient déjà été organisées à Beni pour dénoncer les massacres et réclamer la protection des civils. Selon eux, ces mobilisations avaient été confrontées à des restrictions et à des interventions des forces de sécurité, notamment durant l'état de siège. Ils contestent dès lors la suspension des activités économiques décidée aujourd'hui, estimant que leurs revendications en matière de sécurité n'ont jamais reçu de réponses satisfaisantes.
Pas un rejet de la riposte contre Ebola
La LUCHA précise que sa position ne vise pas la lutte contre Ebola. Le mouvement s'oppose spécifiquement à l'arrêt des activités, qu'il juge préjudiciable aux personnes qui vivent de revenus quotidiens.
Les militants appellent ainsi les commerçants, les vendeurs des marchés, les conducteurs de motos et de taxis, ainsi que les autres acteurs économiques, à reprendre leurs activités de manière pacifique, tout en appliquant les mesures de prévention contre la maladie. Cet appel s'accompagne de revendications plus larges : la protection des civils, la lutte contre les massacres et la responsabilité des autorités dans la sécurité de la population.
Une position réaffirmée ce lundi
Le contact établi par notre rédaction confirme que les militants maintiennent leur opposition à la journée sans travail annoncée pour aujourd'hui. Ils défendent la poursuite des activités économiques, malgré la mesure annoncée par les autorités provinciales.
Basubi wa Basubi
