Alors qu'un mouvement politico-militaire dirigé par l'ex-président Joseph Kabila fait parler de lui, des désaccords seraient apparus au sein de l'épiscopat catholique sur l'attitude à adopter. Selon nos informations, la direction de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) ne partage pas la position de plusieurs évêques favorables à une condamnation publique.
Des tensions traverseraient la Conférence épiscopale nationale du Congo. Selon des sources proches de l'institution religieuse, plusieurs évêques sont mécontents de voir l'ancien chef de l'État Joseph Kabila prendre la tête d'un mouvement politico-militaire. Ils réclament une condamnation publique de toute option armée et souhaitent qu'une déclaration en ce sens soit rendue publique.
Une pression sur le secrétariat général
Ces prélats exhortent l'abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO et porte-parole de l'institution, à publier un communiqué dénonçant cette démarche. Pour eux, le silence de l'épiscopat pourrait être perçu comme complice, alors que l'Église catholique s'est longtemps présentée comme une voix morale de premier plan dans le débat national.
Une direction réticente
Toujours selon nos sources, le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa et président de la CENCO, et l'abbé Nshole s'opposeraient à cette démarche. Leurs motivations exactes n'ont pas été précisées. Une telle prudence peut s'expliquer par le souci de préserver l'unité de l'épiscopat ou de maintenir des canaux de dialogue ouverts avec toutes les parties. Il s'agit là d'hypothèses, non de positions exprimées publiquement.
Une source qui n'a pas souhaité être identifiée affirme par ailleurs que les deux responsables resteraient reconnaissants du soutien dont ils auraient bénéficié de la part du président rwandais Paul Kagame lors de leur transit par le Rwanda, en route pour Goma. Cette information n'a pu être confirmée de façon indépendante. Elle doit être considérée avec prudence, d'autant que le passage par Kigali s'inscrivait, selon les éléments publics disponibles, dans le cadre de l'initiative de médiation de la CENCO et de l'Église du Christ au Congo (ECC) en faveur de la paix dans l'est du pays.
Un contexte sensibleL'est de la RDC reste marqué par un conflit armé et par de fortes tensions politiques. Joseph Kabila, qui a dirigé le pays de 2001 à 2019, a été condamné à mort par contumace par la justice militaire congolaise en septembre 2025, une décision qu'il a contestée. Sa position actuelle au sein du dispositif politico-militaire évoqué doit être documentée avec précision.
Astrid Panzu
