Depuis près de deux mois, les habitants du secteur de Ndjoko-Punda, dans le territoire de Luebo (Kasaï), n'ont plus accès à l'eau potable. En cause : l'interruption de la desserte en eau, qui plonge la population dans une situation de plus en plus préoccupante.

Des femmes et des jeunes filles en première ligne

Faute d'eau au robinet, de nombreux foyers doivent trouver d'autres sources d'approvisionnement, souvent éloignées. Cette corvée repose en grande partie sur les femmes et les jeunes filles, contraintes de parcourir de longues distances pour se procurer de l'eau.

Ces déplacements ne sont pas sans danger. La coordination territoriale de Luebo-Ouest du Réseau des associations de promotion des droits de l'homme au Kasaï (RAPRODHOK) alerte sur les risques de violences sexuelles auxquels sont exposées les jeunes filles. Pour l'organisation, une intervention rapide est indispensable afin d'éviter des conséquences plus graves pour la communauté.

Les installations en cause

Selon le RAPRODHOK, les infrastructures concernées ont été construites par une société béninoise, en partenariat avec le programme PRISE. Le coordonnateur de la structure, André Lubu, déplore l'interruption prolongée de la desserte et demande aux autorités compétentes de rechercher une solution durable, plutôt qu'un simple dépannage.

Un risque sanitaire à surveiller

Au-delà de la sécurité des femmes, c'est aussi la santé publique qui est en jeu. Le RAPRODHOK redoute une recrudescence des maladies d'origine hydrique, notamment les maladies diarrhéiques, liées à la consommation d'une eau non potable. L'organisation invite les autorités sanitaires à rester vigilantes face à l'évolution de la situation épidémiologique dans le secteur.

Un appel pressant au gouvernement provincial

Le RAPRODHOK exhorte le gouvernement provincial du Kasaï et les services concernés à prendre des mesures urgentes pour rétablir la desserte en eau potable et garantir à la population un accès durable à cette ressource essentielle.

Lydia Mfuamba à Tshikapa