Pour vendre leur manioc, leur maïs ou leurs légumes sur les marchés de Kamonia, les agricultrices de Mutena et de Kapanda doivent d'abord franchir la rivière Lumbembe. Une traversée qui, selon leurs témoignages, se fait à bord de pirogues vétustes, au prix d'un risque quotidien et d'un coût devenu pesant pour des ménages déjà fragiles.

Des embarcations jugées dangereuses

Dans le territoire de Tshikapa, la Lumbembe constitue un passage stratégique pour l'acheminement des produits vivriers vers la cité de Kamonia. Mais selon les témoignages recueillis, l'état des pirogues utilisées complique sérieusement les déplacements des producteurs. Certains usagers seraient contraints d'embarquer dans des conditions qu'ils jugent périlleuses, faute d'embarcations adaptées pour assurer leur sécurité.

Un coût qui pèse sur les revenus

Au-delà du danger, c'est l'équilibre économique des familles rurales qui est en jeu. Les agricultrices, qui dépendent de la vente de leurs récoltes pour subvenir aux besoins de leur foyer, déplorent un tarif de traversée qui atteindrait 3 000 francs congolais par personne, enfants compris. Une charge supplémentaire qui réduit des marges déjà étroites.

Un risque pour l'approvisionnement des marchés

Les producteurs de Kapanda, Mbava, Mutena et Kasonga-Lunda, dans le secteur de l'Entre-Kasaï-Langatshimo, redoutent que la persistance de ces difficultés ne perturbe davantage l'approvisionnement de Kamonia en denrées alimentaires. Une traversée compliquée pourrait retarder l'évacuation des récoltes et alourdir les charges des producteurs, avec des conséquences possibles sur la disponibilité des produits vivriers sur les marchés de la cité.

Un appel aux responsables des biefs et aux autorités locales

Face à cette situation, les agricultrices demandent aux responsables des biefs concernés de mettre à leur disposition des pirogues de meilleure qualité, capables de transporter personnes et marchandises dans des conditions plus sûres. Elles sollicitent également l'implication des autorités locales pour trouver une solution durable à un problème qui touche à la fois la sécurité des usagers, les revenus des producteurs et l'alimentation de la population.

Lydia MFuamba