Alors que les conflits se multiplient et que les financements s'amenuisent, la faim progresse. Le Programme alimentaire mondial (PAM) estime que 266 millions de personnes vivent actuellement à un niveau d'insécurité alimentaire correspondant à une situation de crise, voire pire. Et le tableau pourrait encore s'assombrir : 45 millions de personnes supplémentaires sont menacées de faim aiguë en raison du conflit au Moyen-Orient.

Un cocktail de crises qui s'alimentent entre elles

Pour l'agence onusienne, la faim n'a plus une cause unique mais plusieurs, qui se renforcent mutuellement. Conflits armés, dérèglement climatique, difficultés économiques et déplacements forcés de populations figurent parmi les principaux moteurs de cette insécurité alimentaire.

Le bilan le plus grave a été atteint en 2025. Des situations de famine ont alors été officiellement confirmées, de façon simultanée, dans certaines zones de Gaza et du Soudan, une configuration qui illustre l'ampleur des dégâts que provoquent les guerres sur l'accès à la nourriture.

Un appel à la mobilisation générale

Face à l'urgence, le PAM interpelle l'ensemble des acteurs : gouvernements, institutions financières, secteur privé et partenaires humanitaires. L'agence plaide pour un renforcement de leur coopération et pour une condition jugée indispensable : un accès humanitaire sûr et sans entrave aux populations touchées.

Ne pas se limiter à l'urgence

Le PAM insiste sur la nécessité de ne pas s'en tenir à l'aide d'urgence. L'organisation recommande d'investir durablement dans :

la résilience des communautés ;

l'adaptation aux changements climatiques ;

la nutrition ;

le renforcement des systèmes alimentaires.

Un risque de recul pour le développement

L'agence prévient enfin que le manque de financements, conjugué aux restrictions d'accès humanitaire, pourrait coûter davantage de vies humaines. Il menace aussi d'effacer des années de progrès en matière de développement, au détriment des populations les plus vulnérables.

Espérant Scarpe MBUYAMBA