Une publication largement relayée sur les réseaux sociaux affirme que le gouvernement congolais aurait reçu 700 millions de dollars américains destinés à la riposte contre Ebola. Les déclarations récentes de Jean Kaseya, Directeur général d'Africa CDC, et de Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, apportent un démenti clair : cet argent n'a pas transité par les caisses de l'État.

«Les fonds sont chez les partenaires»

Lors d'une conférence de presse tenue le 14 octobre à Kinshasa, Jean Kaseya a précisé où se trouvent les financements recherchés. Selon lui, ils ne sont pas détenus par le gouvernement congolais, mais par les partenaires chargés de mettre en œuvre les activités de riposte sur le terrain.

Le patron d'Africa CDC a donc lancé un appel direct à ces organisations : elles doivent justifier les sommes reçues et l'usage qui en a été fait. L'objectif affiché est d'assurer une meilleure traçabilité des financements engagés contre l'épidémie.

Une redevabilité partagée

Même son de cloche du côté de l'exécutif. Invité de l'émission spéciale Appels sur l'actualité de RFI Afrique, Patrick Muyaya a rappelé que la redevabilité est une obligation qui s'impose autant au gouvernement qu'aux organisations partenaires.

« Les fonds octroyés n'étant pas versés sur le compte général du Trésor, nous devons savoir qui a reçu quoi et qui fait quoi sur le terrain », a-t-il déclaré.

Cette position déplace le débat : au-delà de la rumeur, c'est la question de la transparence dans la gestion de l'aide internationale qui est posée, avec une exigence de clarté sur le circuit des fonds, des bailleurs jusqu'aux actions concrètes menées auprès des populations.

Ce que révèle cette séquence

Cet épisode illustre un phénomène devenu courant en période de crise sanitaire : la circulation rapide d'informations non vérifiées, qui peuvent nourrir la défiance envers les autorités comme envers les acteurs de la riposte. Dans un contexte où la confiance des communautés est essentielle pour endiguer une épidémie, la clarification des flux financiers devient un enjeu de santé publique à part entière.

Espérant Scarpe MBUYAMBA