La rentrée académique annoncée ce jeudi 15 octobre 2026, par le FRN/M23 dans les établissements d’enseignement supérieur et universitaire de Bukavu se déroule dans un climat de méfiance. Les faibles chiffres d’inscription rapportés dans plusieurs institutions, les incertitudes sur la reconnaissance des diplômes et les divergences entre les autorités nationales et le mouvement alimentent les hésitations des étudiants.

Dans plusieurs établissements de la capitale provinciale du Sud-Kivu, la mobilisation reste limitée, loin de l’affluence habituellement observée à l’approche d’une nouvelle année académique. Selon des sources proches des institutions concernées, l’Université officielle de Bukavu (UOB) aurait enregistré environ 80 inscriptions, contre moins de 20 à l’Institut supérieur de développement rural (ISDR). Ces chiffres, qui restent à confirmer auprès des administrations concernées, contrastent avec les effectifs habituellement accueillis par ces établissements.

À l’Institut supérieur pédagogique (ISP) de Bukavu, la situation est également préoccupante. Selon un agent administratif, les nouvelles inscriptions n’atteindraient qu’environ 25 % de l’effectif attendu. Certains étudiants auraient même commencé à récupérer leurs dossiers en vue de poursuivre leur cursus dans d’autres établissements, signe des incertitudes qui entourent cette rentrée.

Deux calendriers, une même incertitude

Cette faible mobilisation intervient dans un contexte de tensions autour de la gestion de l’enseignement supérieur dans les zones sous contrôle du FRN/M23. Alors que le mouvement maintient sa volonté de relancer les activités académiques à partir du 15 octobre, le ministère congolais de l’Enseignement supérieur et universitaire a suspendu les activités de plusieurs établissements publics concernés.

La divergence se manifeste également dans les calendriers académiques. Le FRN/M23 a annoncé la reprise des cours ce jeudi, tandis que le ministère national a fixé une autre date, le 26 octobre. Cette situation entretient la confusion parmi les étudiants, confrontés à des décisions concurrentes concernant la poursuite de leur formation.

La reconnaissance des diplômes au cœur des inquiétudes

Au-delà de la date de reprise des cours, les étudiants et leurs familles s’interrogent sur la validité des parcours académiques engagés dans les établissements concernés, notamment sur la reconnaissance future des diplômes. À ces préoccupations s’ajoutent les questions de sécurité et les difficultés économiques qui pèsent sur de nombreux ménages.

Pour certains étudiants, la possibilité de poursuivre leurs études dans d’autres institutions apparaît comme une solution face à cette incertitude. D’autres restent dans l’expectative, dans l’attente d’éclaircissements sur les conditions de fonctionnement des établissements et la valeur académique des formations dispensées.

À Bukavu, la rentrée du 15 octobre se heurte ainsi à une crise de confiance qui menace de perturber la continuité des études supérieures. En l’absence de données consolidées sur les inscriptions et de clarification largement partagée sur le cadre institutionnel applicable, l’ampleur réelle de la désaffection reste toutefois à établir.

Par Basubi wa Basubi