Ce vendredi 25 septembre 2026 à 10h, la dépouille de Miguel Masaisai, le jeune cycliste congolais dont le projet « Pedals for Peace » avait enflammé les cœurs à travers le continent, foulera enfin le sol de sa patrie. C'est par le Beach Ngobila, porte d'entrée symbolique entre les deux rives du fleuve Congo, que le corps du sportif de 23 ans achèvera ce dernier et tragique voyage.
Un périple brisé aux portes du Cameroun
Miguel Masaisai avait quitté Kinshasa le 6 septembre pour poursuivre son aventure vers le Congo-Brazzaville, traversant notamment Brazzaville, Gamboma puis Oyo, avant de mettre le cap vers le nord du pays. Son objectif : rallier Rabat, au Maroc, au terme d'un périple estimé à près de 14 000 kilomètres à travers 17 pays africains, un défi lancé le 1er mai depuis Goma. Mais le destin en a décidé autrement. Le 18 septembre, le jeune homme de 23 ans a péri dans un accident de la circulation survenu à Kabos, près de Ouesso, dans le nord du Congo-Brazzaville. Après une panne de vélo, il avait sollicité l'aide d'un taxi pour rejoindre un lieu de réparation ; le véhicule a été impliqué dans un accident qui a coûté la vie à ses quatre occupants.
Ce drame met un terme brutal à l'épopée d'un athlète déjà auréolé d'un exploit retentissant : en 2025, il avait relié Goma à Cape Town, soit environ 7 000 kilomètres, dans le cadre de cette même initiative pour la paix et l'unité. Son nouveau défi vers le Maroc devait être soumis au Guinness World Records — une reconnaissance internationale qui ne verra jamais le jour.
Une mobilisation d'État pour ramener le « héros de la paix »
Face à l'émotion nationale, les autorités congolaises n'ont pas tardé à réagir. Depuis le 21 septembre, une délégation de la RDC séjourne à Brazzaville pour suivre les démarches liées au décès et préparer le rapatriement de la dépouille, réunissant des représentants du Conseil national de la Jeunesse, du ministère des Sports, de la Fédération congolaise de cyclisme, de la famille du défunt et de la communauté Nande, sous la supervision de l'ambassade de la RDC. Une mobilisation à la hauteur de l'émoi suscité par la disparition de ce messager de la paix.
Selon Claude Mbuyi, président du Conseil national de la jeunesse, qui a conduit une partie de cette mission diplomatique, le corps sera conservé à la morgue de l'hôpital du Cinquantenaire dans l'attente du programme officiel des obsèques.
Un hommage qui dépasse les frontières
Depuis l'annonce de sa disparition, les hommages se multiplient à Kinshasa, à Goma et au-delà des frontières nationales : des cyclistes kinois ont organisé une course en sa mémoire dès le 20 septembre, tandis qu'à Goma, sa ville natale, ses proches et collègues plaident pour que son combat lui survive. Le Conseil national de la jeunesse a lui-même appelé à l'attribution d'une décoration posthume, à l'organisation d'obsèques officielles ainsi qu'à la conservation de son vélo, de son casque et de sa vareuse au Musée national — autant de reliques d'un engagement devenu, malgré lui, légende.
Miguel Masaisai n'aura pas atteint Rabat. Mais en s'arrêtant à Ouesso, c'est tout un pays qui reprend aujourd'hui le flambeau de son message. Comme le résumait Claude Mbuyi au lendemain du drame : « Miguel s'arrête en route, mais son message continue sa route. »
Scarpe MBUYAMBA Espérant/ELITE-NEWS.NET
