Le président burundais a tenu des propos particulièrement critiques à l'égard de son homologue rwandais, qu'il accuse d'entretenir une posture hostile dans la région, tout en disant espérer un changement d'attitude.

Dans les Grands Lacs, les relations entre Gitega et Kigali restent sous tension. Le président burundais, Évariste Ndayishimiye, a publiquement critiqué son homologue rwandais, Paul Kagame, l'accusant d'entretenir un « esprit hostile » dans la région.

« Un jour, il va se ressaisir »

« On le reconnaît, il a toujours l'esprit hostile dans la région, mais nous pensons qu'un jour, il va se ressaisir, parce qu'aujourd'hui, il n'y a pas de raison de continuer dans cette voie d'hostilité », a déclaré le chef de l'État burundais.

Derrière la critique, Évariste Ndayishimiye laisse donc entrevoir une forme d'espoir : celui d'un changement d'attitude du président rwandais, dont il estime que rien ne justifie aujourd'hui la poursuite de cette ligne.

Un qualificatif sans détour

Le dirigeant burundais est allé plus loin en qualifiant Paul Kagame de « malhonnête », un terme rare dans le langage diplomatique entre chefs d'État de la région, et qui traduit la dégradation du climat entre les deux capitales.

Une relation tendue de longue date

Les rapports entre le Burundi et le Rwanda sont marqués par la méfiance depuis plusieurs années. Bujumbura accuse régulièrement Kigali de soutenir des groupes armés hostiles au pouvoir burundais, ce que le Rwanda dément. Les deux pays partagent par ailleurs une frontière fermée depuis 2024, à la suite de ces accusations. Le contexte sécuritaire dans l'est de la République démocratique du Congo, où le Burundi et le Rwanda sont impliqués à des degrés divers, contribue aussi à alimenter cette défiance.

Par Scarpe MBUYAMBA Espérant