La réaction ne s’est pas fait attendre après les déclarations du président a.i de l’Assemblée provinciale du Maniema, Théophile Buleli Dokta, sur la représentativité des femmes dans les postes de commandement en province.

Dans une prise de position, Mme Mireille Safalani, présidente nationale du Réseau des femmes leaders du Maniema et de l’association Avant Tout le Congo (ATC), a appelé à un recadrage des propos tenus lors d’une audience accordée à une délégation de l’organisation Soutien aux femmes indigentes du Maniema (SAFI/Maniema).

Cette dernière avait présenté un plaidoyer sur la faible présence des femmes dans les postes de responsabilité, estimant que les femmes du Maniema ne représentent que 4,6 % dans les postes de commandement au sein de la province.

Réagissant à la déclaration selon laquelle « la femme du Maniema doit être déterminée pour confirmer son savoir lorsqu’on lui confie des responsabilités », Mireille Safalani estime que cette affirmation pourrait renforcer une perception selon laquelle les femmes doivent davantage prouver leurs capacités que les hommes.

« Dire que la femme doit d’abord confirmer son savoir donne l’impression que la compétence féminine doit être démontrée avant d’être reconnue, alors que l’homme serait naturellement considéré comme compétent », a-t-elle déclaré.

Pour la présidente de l’ATC, le faible taux de représentation des femmes dans les instances de décision serait aussi lié à des barrières sociales et culturelles qui limitent encore leur accès aux responsabilités.

Elle rappelle toutefois que le Maniema regorge de femmes « hautement instruites, compétentes et expérimentées », capables d’assumer des fonctions de direction dans différents secteurs.

Mireille Safalani estime également qu’une éventuelle mauvaise expérience avec une responsable ne devrait pas être généralisée à l’ensemble des femmes. Selon elle, l’évaluation doit porter sur les performances individuelles et non sur le genre.

« Si une femme n’a pas été à la hauteur dans une fonction, il faut parler de cette personne et de son bilan, plutôt que d’en tirer une conclusion sur la femme du Maniema », a-t-elle souligné.

Tout en reconnaissant le rôle institutionnel du bureau de l’Assemblée provinciale, elle invite les responsables publics à encourager davantage l’émergence des compétences féminines.

« Les femmes du Maniema n’ont pas besoin qu’on leur explique qu’elles doivent être intelligentes, déterminées ou compétentes. Elles le sont déjà. Ce qu’elles demandent, c’est l’égalité des chances dans l’accès aux responsabilités », a conclu Mme Mireille Safalani.

Cette sortie montre la position de Mireille Safalani sur la place des femmes dans la gouvernance provinciale et sur les mécanismes à mettre en place pour renforcer leur participation dans les sphères de décision au Maniema.

Jonathan Bukasa