Un climat de vive tension persiste depuis plusieurs jours dans le village de Tshimbalanga, situé à près de sept kilomètres du chef-lieu du secteur de Ndjoko Punda, dans le territoire de Luebo, province du Kasaï. À l'origine de cette situation, une succession d'incidents impliquant des habitants, des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) et des militaires de l'auditorat militaire.

Selon plusieurs témoignages recueillis auprès des habitants, les faits ont débuté le lundi 6 juillet lorsqu'un commandant de la PNC aurait interpellé trois jeunes surpris en train de jouer aux cartes avec des mises d'argent. Au cours de cette intervention, l'officier de police aurait été violemment agressé par plusieurs individus, tandis que d'autres participants auraient pris la fuite.

À la suite de cette agression, des éléments de l'auditorat militaire en provenance de Luebo se sont rendus à Tshimbalanga, le samedi 11 juillet, afin de mener des investigations. D'après les mêmes sources, le chef du groupement, qui tentait d'apaiser les tensions entre la population et les forces de sécurité, aurait été interpellé par les militaires.

Cette arrestation aurait suscité une vive réaction de la population. Des mouvements de contestation se seraient rapidement formés, obligeant les forces de sécurité à effectuer des tirs de sommation pour disperser les manifestants, selon les témoignages recueillis sur place.

Depuis ces événements, un climat de peur s'est installé dans le village. Plusieurs familles auraient abandonné leurs domiciles par crainte d'une dégradation de la situation sécuritaire. Certains habitants se seraient réfugiés dans la forêt, tandis que d'autres, notamment des femmes, des enfants et des personnes âgées, auraient trouvé refuge dans la cité de Ndjoko Punda auprès des autorités locales.

Les habitants dénoncent également les circonstances de l'interpellation du chef du groupement, qu'ils jugent humiliante et susceptible d'avoir exacerbé les tensions. Ils estiment par ailleurs que les autorités locales n'auraient pas été en mesure de maîtriser la situation en présence des militaires.

À ce stade, ces allégations n'ont pas été confirmées officiellement par les autorités administratives, policières ou militaires. Aucune communication officielle n'a encore été rendue publique sur le déroulement exact des faits ni sur le sort des personnes interpellées.

Face à cette situation, les habitants de Tshimbalanga lancent un appel aux autorités provinciales et nationales afin qu'une enquête indépendante soit diligentée pour établir les responsabilités et faire toute la lumière sur ces incidents. Ils sollicitent également des mesures urgentes visant à restaurer la confiance, garantir le respect des droits des personnes concernées et rétablir durablement la paix dans cette partie du territoire de Luebo.

Par Lydia Fwamba/Tshikapa