Plus de 70 acteurs locaux ont pris part vendredi 22 mai 2026 à un dialogue communautaire organisé dans l’aire de santé de Kamuesha 2, zone de santé de Kamuesha, territoire de Tshikapa, province du Kasaï. La rencontre a porté sur la lutte contre le paludisme et les difficultés sociales qui freinent la santé publique dans la zone.
Organisé par le Corps des Jeunes contre le Paludisme Kasaï (CJP-RDC/Asbl), le dialogue s’inscrit dans le projet : « Fonds pour l’égalité des genres dans la lutte contre le Paludisme en RDC ». avec financement de Fonds mondial via l’Alliance des Dirigeants Africains contre le Paludisme (ALMA), avec l’appui technique du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP).
Supervisée par le coordonnateur provincial du CJP-RDC/Asbl, Jean Kabala Kalala Diba, la rencontre a rassemblé des femmes, des jeunes, des chefs coutumiers et des représentants des services administratifs.
Les participants ont salué les campagnes de sensibilisation menées ces derniers mois dans la région. Selon eux, ces actions ont contribué à une meilleure utilisation des moustiquaires imprégnées et à une prise de conscience accrue des mesures de prévention contre le paludisme. Plusieurs témoignages font état d’une baisse des décès liés à la malaria, attribuée à l’adoption progressive des pratiques préventives.
Au-delà des avancées, les échanges ont mis en évidence des obstacles persistants. Les communautés signalent le manque d’infrastructures sanitaires, l’insuffisance d’écoles, l’absence d’accès durable à l’eau potable et le déficit d’éclairage public dans plusieurs villages.
Des responsables communautaires ont indiqué que trois personnes seraient décédées le mois dernier faute de moyens d’évacuation médicale vers des structures de santé adaptées.
Des jeunes filles présentes ont alerté sur les risques liés à la pénurie d’eau potable. Elles évoquent les longues distances parcourues quotidiennement pour s’approvisionner, une situation qui, selon elles, expose les femmes et les filles à des violences et favorise certaines maladies hydriques.
Pour les intervenants, la lutte contre le paludisme reste liée à l’accès à l’eau, aux soins de santé, à la protection des femmes et à l’amélioration des conditions de vie.
À l’issue des travaux, les participants ont appelé ALMA et le PNLP à traduire les recommandations en actions concrètes dans les secteurs sanitaire et social. Ils estiment que les efforts de sensibilisation doivent désormais être soutenus par des investissements durables dans les infrastructures de santé, l’accès à l’eau potable et les services sociaux de base.
Par Scarpe MBUYAMBA Espérant|ELITE-NEWS.NET
