L’Hôpital général de référence de Bandundu traverse actuellement une période particulièrement difficile dans la mise en œuvre de la gratuité de la maternité, une politique visant la prise en charge des femmes accouchées et des nouveau-nés dans le cadre de la couverture santé universelle prônée par le président Félix Tshisekedi.

Selon les responsables de cette structure sanitaire de référence, l’établissement assurait jusque-là cette prise en charge sans grandes difficultés grâce à l’appui du Programme multisectoriel de nutrition et de santé (PMNS), partenaire qui prenait notamment en charge certaines prestations du personnel ainsi que plusieurs dépenses liées aux services de maternité.

Cependant, la direction de l’hôpital indique que le contrat liant le PMNS à la zone de santé a pris fin depuis le 31 décembre dernier, plongeant ainsi l’institution dans une situation financière délicate. En l’absence d’un nouveau mécanisme de soutien, l’hôpital poursuit malgré tout la gratuité de la maternité grâce à ses fonds propres locaux.

Outre cette rupture d’appui, plusieurs autres difficultés viennent fragiliser le fonctionnement de l’hôpital. Parmi elles figurent la pénurie de médicaments ainsi que les retards de paiement des agents de santé. D’après les informations recueillies auprès de l’administration hospitalière, près de 75 % du personnel ne perçoit toujours pas de salaire régulier et survit essentiellement grâce aux primes locales.

La direction de l’hôpital souligne également que l’établissement fait face à une forte pression liée à l’augmentation du taux de fréquentation. L’Hôpital général de référence de Bandundu reçoit en effet des patients provenant de plusieurs structures sanitaires de la province du Kwilu, mais aussi de la province voisine du Mai-Ndombe, en raison de son statut d’hôpital de référence.

Face à cette situation, le médecin directeur de l’hôpital appelle les autorités compétentes à une intervention urgente afin de garantir la continuité des soins dans le cadre de la gratuité de la maternité. Il plaide notamment pour le paiement des salaires et des primes du personnel impliqué dans ce programme, ainsi que pour la dotation de l’hôpital en moyens matériels, financiers et médicaux suffisants afin de soutenir efficacement la couverture santé universelle.

Pour plusieurs observateurs du secteur sanitaire, cette situation met en lumière les défis structurels auxquels font face les établissements publics de santé dans l’application des politiques sociales du gouvernement, particulièrement dans les provinces de l’intérieur du pays.

Déogratias Makwala Mulefu|Bandundu