La scène, inhabituelle et spectaculaire, s’est déroulée à Mweka, dans la province du Kasaï. Le pasteur Caleb Kande Mwan Ntshiem, responsable du ministère de puissance CReM, a ordonné la destruction par le feu de plus de 40 chaises appartenant à son église, la « Montagne de prière ».

Un acte assumé par le leader religieux, qui invoque des considérations spirituelles et symboliques liées à la qualité du culte rendu à Dieu.

Selon des témoignages recueillis sur place, les chaises, jugées vétustes ou « non conformes » aux standards du Tabernacle de puissance du CReM, ont été rassemblées puis incendiées sur instruction directe du pasteur. Aucune perte humaine ni incident majeur n’a été signalé, mais l’événement a immédiatement suscité une vive émotion au sein de la communauté locale.

Interrogé sur les motivations de ce geste radical, le pasteur Caleb Kande Mwan Ntshiem défend une démarche qu’il qualifie de pédagogique et spirituelle. « Il faut adorer Dieu avec honneur. Nous ne sommes pas pauvres au point de servir le Créateur avec ce que nous n’accepterions pas dans nos propres maisons », a-t-il déclaré devant ses fidèles. Pour lui, cette action vise à inculquer une culture de l’excellence et du respect dans le service divin, en rompant avec ce qu’il considère comme une banalisation des lieux de culte.

Dans son argumentaire, le responsable religieux insiste sur la responsabilité collective des fidèles à contribuer à l’amélioration des infrastructures de l’église. Il affirme que la communauté dispose des moyens nécessaires pour acquérir du mobilier neuf et plus digne, en adéquation avec « le prestige du Tabernacle ».

Cependant, l’initiative ne fait pas l’unanimité. Sur les réseaux sociaux, la polémique enfle depuis la diffusion des images de l’incendie. Les réactions oscillent entre incompréhension, ironie et indignation.

« Les chaises empêchent-elles la puissance de la prière ? », s’interroge un internaute. D’autres dénoncent une destruction inutile de biens qui auraient pu être redistribués à des fidèles dans le besoin. « Mieux vaut donner que brûler », commente un autre utilisateur, pointant le contraste entre ce geste et les réalités socio-économiques de nombreuses familles de la région.

Certains observateurs appellent également à un encadrement plus strict des pratiques religieuses, estimant que de telles actions pourraient alimenter des dérives au sein de certaines communautés spirituelles. D’autres, en revanche, défendent la liberté des responsables religieux à orienter leurs fidèles selon leurs convictions doctrinales, tant que cela ne porte pas atteinte à l’ordre public.

À Mweka, l’affaire continue de susciter débats et interrogations, révélant les tensions entre foi, symbolisme religieux et réalités sociales.

Si le pasteur campe sur sa position, la controverse met en lumière une question plus large : jusqu’où peut aller l’expression de la foi dans un contexte marqué par des défis économiques persistants ?

La Rédaction