Le gouvernement congolais a débloqué une enveloppe de trois millions de dollars américains pour le paiement partiel des arriérés de salaires des agents de la Minière de Bakwanga (MIBA), basée à Mbuji-Mayi, ont indiqué vendredi des sources concordantes.
Les fonds, versés jeudi, couvrent trois mois de rémunération, alors que les travailleurs revendiquent au moins huit mois récents, dans un contexte marqué par des arriérés cumulés estimés à plus de 200 mois, soit environ 16 ans d’impayés.
Selon des sources proches de l’entreprise, cette enveloppe a été transférée sur un compte de la MIBA logé à la BGFI Bank, sur instruction des autorités. Cette mesure s’inscrit dans les efforts de relance de cette entreprise publique stratégique du secteur diamantifère, en difficulté depuis plusieurs années.
Un paiement partiel contesté
Sur le terrain, l’annonce de ce paiement partiel suscite de vives réactions parmi les agents. Plusieurs d’entre eux dénoncent une réponse jugée dérisoire au regard de l’ampleur des arriérés accumulés.
« Trois mois face à plus de 200 mois d’arriérés, ce n’est pas acceptable », confie un employé sous couvert d’anonymat. Certains travailleurs envisagent même de refuser de percevoir cette avance, estimant qu’elle ne répond ni à leurs attentes immédiates ni à la situation globale de précarité dans laquelle ils se trouvent.
La tension sociale reste vive au sein de l’entreprise, où les retards de paiement se sont étalés sur plus de 16 ans, affectant durablement les conditions de vie des agents et de leurs familles.
Une position syndicale attendue
Face à la contestation grandissante, le bureau national syndical a annoncé la tenue prochaine d’une réunion afin de définir une position commune sur l’attitude à adopter vis-à-vis de ce paiement.
Cette rencontre devrait permettre d’évaluer l’opportunité d’accepter ou de rejeter ces fonds, tout en fixant les revendications prioritaires à adresser au gouvernement.
La MIBA, autrefois fleuron de l’industrie diamantifère congolaise, peine à retrouver sa stabilité financière et opérationnelle.
Les autorités congolaises multiplient les initiatives pour tenter de relancer ses activités, mais les défis restent considérables, notamment en matière de gouvernance, d’investissement et de passif social.
En attendant, cette injection de liquidités, bien que saluée comme un signal de reprise par certains observateurs, apparaît pour de nombreux travailleurs comme une réponse partielle à une crise structurelle de longue date.
Scarpe MBUYAMBA Espérant/ELITE-NEWS.NET